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2 - LES FORTIFICATIONS DE RAON

Dessin de CABASSE relatif aux anciennes fortifications

Le bourg de Raon se fonde au 13ème siècle sur le vieux champ de Rua dominée par le château de Beauregard. Le château maîtrisant un point important pour les débouchés, et une ancienne route de communication avec l’Alsace, cette position parait au duc Ferri favorable au commerce qu’il se propose d’introduire. 
Pour fournir l’étape aux troupes et aux voyageurs, il n’y a alors qu’une seule maison au pied du château paraissant avoir déjà existé au temps des romains. Cette maison est tout le territoire voisin appartenant à l’abbaye de Moyenmoutier. Le duc en obtient la concession pour y faire une place forte d’entrepôt en associant l’abbaye. Cette ville basse est implantée au milieu d’eaux canalisées à proximité des cours de la Plaine et de la Meurthe. 
Les méandres de cette dernière rivière traduisent une faible pente de son lit : 50 mètres de dénivelé sur 18 kilomètres à vol d’oiseau. Cette terre est située sur le ban de l'abbaye de Moyenmoutier. Le duc de Lorraine, avoué de celle-ci contrôle les lieux de passage du sel et du blé vers la montagne pour imposer ses droits de péage puis ses protections à proximité de la voie des Saulniers : voie marchande la plus fréquentée franchissant le massif vers Saales et Sélestat. 

Jadis, Raon est donc une ville fortifiée pour se protéger contre les incursions et les dépravations des voisins. Bien que de taille modeste, elle aligne d'épaisses fortifications afin de prévenir toute tentative d'investigation éventuelle. Ces fortifications comprennent deux parties fort différentes : le château de Beauregard et la fortification proprement dite. 
La ville est fortifiée et entourée de fossés au 14ème siècle. Ces défenses ont pour les habitants et les biens matériels, un rôle de contrôle commercial et de protection envers les pillards et bandits de grands chemins. Elles n’ont pas caractère militaire. 
Cette nouvelle ville protégée admettant la Loi écrite et les transactions contractuelles dites de Beaumont, elle attire ainsi un noyau de la population de Vézeval avec l’émigration de ses bourgeois imitée par ceux de La Neuveville. Le succès de la fondation se renforce par quelques privilèges ducaux et la ville s'érige, protégée par la garnison du château dirigée par un capitaine. En dédommagement des frais de construction, le Duc et Marquis Ferry III reçoit pour faire cette ville neuve de Raon, la moitié de ce que le couvent de Moyenmoutier a en ban de Vézeval, entièrement en ban de Raon et le château qui est définitivement acquis au duché de Lorraine. 
Quittant cette structure pour se rendre à la ville, les seigneurs sont conduits du pied de la côte Beauregard par un pont de bois aboutissant à l’Isle. Les fortifications se présentent ensuite comme suit : une enceinte de forme quadrilatère d’un périmètre de 850 mètres délimitant une surface de 5 hectares. La muraille se termine à chaque extrémité par une tour. 
Cinq tours dont la tour Est du rempart Nord de huit à dix pieds en largeur sur vingt de hauteur aboutissant sur le canal du Moulin, sert de prison bourgeoise jusqu’en 1730. 
De part et d’autre du mur Sud près de la Meurthe, se situent les tours Jenticotte puis Bouquot comportant sous sa voûte une prison publique. Ce dernier vestige des remparts est démolie en 1868. Il est visible un blocage de ciment entre les parements de pierres régulières, percées au rez-de-chaussée de fenêtres carrées et symétriques.. La voûte surbaisse s’appuie sur les murs de la tour dont l’épaisseur est de deux mètres environ. 
Au premier étage, le parement intérieur a été démoli pour ouvrir de larges baies ne coïncidant pas avec les meurtrières afin de donner de l’espace aux appartements. Depuis 1636, l’ensemble de la tour a perdu de son élévation. 
A droite, il est visible la porte du passage de trois pieds conduisant aux prisons. 
Trois portes se situent aux entrées principales dont les traces sont encore visibles rue Jules Ferry jusqu’en 1914. Il existe la porte Basse vers Lunéville, celle du Grand Faubourg vers Saint-Dié munie d’un pont-levis où entre laquelle puis le grand faubourg est creusé un large fossé avec une contre escarpe et la porte qui permet de passer sur la Meurthe pour se rendre à Laneufville. Ces portes sont couvertes par un toit. Ceci évoque la présence de cinq tours et de remparts sur le blason de la ville. 

Au cours de la conquête de Charles le Téméraire, ces fortifications ne permettent pas de tenir un siège face à l’assaillant de plus de quelques jours seulement. 

Au 15ème siècle en mai 1475, René II sur les instances de Louis XI déchire le traité qui le lie au duc de Bourgogne puis lui déclare la guerre. Cependant Charles Le Téméraire se présente en Lorraine avec quarante mille hommes accompagné d’une puissante artillerie. Quelques villes se défendent énergiquement, certaines se rendent soumises avant l’attaque de leurs remparts dont Raon qui en fin de cette année citée voir début 1476, est de ce nombre. Elle ne fait aucune résistance et reçoit garnison. Encore en 1633, les Français arrivent devant Raon. Il prennent la ville sans grande résistance. Ils la pillent et la dévastent. Deux combats ont lieu devant celle-ci. En 1635, le partisan Jean WOERTH au service du duc de Lorraine surprend près de Raon, cinq compagnies de cavalerie française ; il les culbute et prend leur drapeau. L’année suivante victoire française en avant de Raon. Cette année-là pour briser toute résistance, Richelieu fait raser toutes les forteresses. Ainsi les derniers restes des remparts de la ville de Raon sont démolis en 1673 lors de la seconde occupation française. 

Il n’existe plus de nos jours que quelques vestiges de ces fortifications : quelques débris des murailles, de fossés et les restes de deux bases de ces tours sur lesquels se sont élevées des maisons particulières. Il y a plusieurs années, le feu consuma une maison dont la construction annone une haute antiquité. Les fenêtres et les portes étaient ornées de statuettes puis de têtes de différentes espèces ; on l’appelait le Louvre : cette maison servait de pied-à-terre aux ducs de Lorraine, et on prétend que Louis XIV y a couché.

Plan de la tour et de la scierie (1866)

TITRE DE LA FONDATION DE RAON

Gravure de la tour Bouquot avant sa destruction (1868)
(Ce titre est un des premiers qui est rédigé en langue vulgaire ; c'est à peu près le patois de 1789)

« Je Ferry, dus de Lohereigne et marchis, fas sauoir que li abbei et li couant de Moênmostier de l'ordre de Saint Benoit, de l'eueschie de Toul font et ont fait communitei et compeîgnie a moy por moy et por mes hoyrs après moy et a tous iours de ceu qu'il auient en ban de Uyseuau, en ban de Rauon entierement, dès le rup de Moleroy, einsi'comme il chest en murt, jusquet let haute Bonne qu'est entre le ban de Bertrichamp et de Rauon, et dès le ban de Celle contreuenant jusqu'au rup de Molroy. Einsi comme les soiez des costes gettent eaue uers la riuière de Uiseuaux, fors lis plaines et lis aux des monteignes ou qu'il soient, por faire une neuue uille à Rauon en laquelle ledit abbei et couant aueront let moutiet et je et my hoirs après moy Paître moutiet. Ne n'y poront, je, ne my hoirs après moy , rin accroistre sans ly dit abbei et couant, ne ly dit abbei et couaut sans moy et sans mes hoirs apres moy. Et avec les plains et les enuaux deuant dit retiennent ly dit abbei et couant en ladite neu-uille par-leuant, li patronaige, li don et ly trait de l'englise de neuuille de Rauon et let chapellerie de let chaipelle dou Chastel de Belresuuart, ly gros dîmes et ly menues et totes choises espirituelles quelquelle soient et six-uingt jors de terre arable et uingt faucies de pré ou qui las uorront panre por li maignaige de let moon de Rauon et retiennent encor lydit abbci et couant, let moon de Rauon entitrremcnt, ly jardins , et ly meiscs, et ly proprix, et l'auspiuuit de Rauon; ly clos et li treige dou lea-, cntierrement et enuiron einsi comme elle est, et li pasturaige et Ji paixanaige por les bestes et por les pors de let moon, et l'usuaire des bois dou ban de ladite neuuille por totes les nécessitez de let moon de Rauon deuant dit. Einsi que je, ne moy hoirs après moi, ne nostre commendement ne poons rin meflaire, ne rin panre, ne faire panre en let moon deuant dite de Rauon, ne ès bin de lel moon, sauf un que ly moon et choises dessus dites demorent en met warde et en let warde de my Loirs après moi a tousiours. Et ly Chastel de Belresuuart dessus Rauon, li chemin, li conduit et li païage demouront à moy et à my hoirs après moy à tousiours. Doaqué païage H hom de Penglise de Moènmostier sont et seront quites en let dite neuuille et en ban ; liquel Chaste! doit à tousiours dcmorer à let duchiec; ne nos poons, je, ne my hoirs apres moy, mètre en autruy main , qu'il ne demore tousiours en celui qui crt dus et sirs de la duchiei et je et my hoirs après moy et tos cils que seront manan en dit chastel de Belresuuart, aueront et doinct auoir li pasturaige et li paixanaige por li bestes et por ly pors dou dit chaste, en ban de ladite ncuueuille, et Pusuaire en li bois dou ban par totes lor necessitai et je et my hoirs apres moy, aueront encor dix fiuidcs de pré en ban de ladite ncuueuille et les doinct panre ou que nos uorons ondit ban, apres ceux que ly dit abbei et couant aueront prins lors uirigt faucies deuant dit. Et est à sauoir que si ly homes de Penglise Moénmostier méfaisaient rin au chemin, en ban de ladite ueuueuille de Rauon, je et my hoirs auraient la moutiet de l'amende et ly abbei et couant Paître moutiet, et ils induisaient aux. altres chemins dedans le b;«n des uilles Penglise de Moênmostier, ly, abbei et couant auraientl'amande tote sans partie de moy et de my hoirs apres moy, ne rin nen aueront d'altres gens de des lors : ne ne poons ne ne deuons, je ne my hoirs apres moi, retenir nun des hom ly dit abbei et couant en let dite uille de Rauon ci par au» non ; ni ils ne peuuent ne ne doient retenir en let dite uille de Rauoa nun de mes homes ne des homes à mes homes ne des homes de mes fiefs ne de mes wardes, ce par moy non ou par mes hoirs apres moi, et ce li homes de IVnglise alloient a lor entre cour et de lor entre cour, a reuenoint a let dite neuuille de Rauon, li héritaige et ]i censaul qu'il panroint de Penglise de Moênmostier demouroint à l'englise dessus dite ; et doie, je et my hoirs après moy, mete maiour et justice en let dite neuuille a l'un des ânes et ly dit abbei et couant Paître anée après et suiant et ainsi adès à tousiours. Et por cette communilei et cette compeignie, ai, je, donne!, octroyei et acquittei, donc, octroie et acquitte por moy et por my hoirs après moy à tousiours, adit abbei et couant tout quanques je et my hoirs auiens, auoir poieos et demens a Moênraotier en ban et en uille et en bans appartenant à Moènmotier, et tot ceu que je et my hoirs aurins, auoir poins et deuins à Barbonuille et en ban, et Sainte-Marie et en ban, tot entierement, sans rin a retenir; et Ihome et ses hoirs que je auaîs en let B.ue-1'abbei, ai aie sauue let wardc de l'englise de Moênmotier et des leu dessus dit qui dèmorent a moi et a m y hoirs après moy a tousiours et le comun cris dé la terre sans malangin et sans auquison de moy et de mes hoirs après moy. Et ly seriant et ly caroit en tel menie, cette assauoir : quatre-uingt scrians et six chars , chacun a six Le us, le moin, ou à doux cheuaux en ost et en cheuaulchies ou me cor iat ou li cors de celui qui ert dus et sires de la duchiei et H serians qui ny uanrait qui faurait d'où compe des quatre-uint sériant deuant dit pareil dix sols du toulois ; et li cher qui faurait dou compe des six cher deuant dit parait six sols de toulois que li abbei et li couant doicot fare paer à moy ou a my hoirs apres moy ou a notre commandement. Et se il n'en fesaient, je et my hoirs après moy les enporint wagier ou faire wagier sans méfai're. Et fors ly trois homes que je ai a Barbonuille, cette a sauoir : Olriel, Jenien et Huesson qui me terniront moi et my hoirs après moy, tote leur uie, et leur hoirs seruiront et demorront a l'englise de Moénmostier. Sitost come se uanront à lor conduit, sils sont demorant a Barbonuille, ne je ne my hoir apres moi ne ne poons ne ne deuons jemâ acroitre en li ban et en uille dessus dite de Moénmostier, de Barbonuille et de SainteMarie ne uans appartenant des bans et uilles dessus dites. Et fors li larron et li murtrir des homes l'englise, lesquels let justice l'englise de Moênmotier deuant dit, doient demorer justicier et jugier au droit et au us et costumes de uille et des bans de l'englise de Moénmostier et puis les doint deliurer a met justice por tel il seront. Et de quelle hore qu'il les eus déliurèî ils en seraint quitte et la remanance de tel doit demorer entierement a l'englise de Moénmostier, sans partie d'au irai ; et ce aulcuu des homes la dite englise etait restus ou prins en met terre por fait dont il dut être deflfait, ce il était requis par l'abbei ou li couant de Moènmostier ou par lor certain messaige ; je et my hoirs après moy ou noste commandement, lor deuons déliurer por justicier si com droit serait et puis les doinct déliurer à met justice, por faire ainsi com il est deuant deuisè, il est encore assauoir que je ne my hoirs après moi, ne poons ne ne deuons jemâ fermer ne faire fermer par nos ne por autruy, chastel, donion, ne forteresse en heritaige ne entrés fond de l'englise de Moênmostier, ne sa haute pierre, n'en hatour, en ceu que sont de met warde, et se altre li uolait fermer je et my hoirs après moy le deuons defendre et destourner loyaumcnt et en bonne foi et se il auenait que li home de l'englise de Moênmostier eusse aucune choise à faire à mes homes ne ly mien au lor, chacun auerait (amande et la défection de son home chacun en son leu , selon ceu qu'il y afierait et ce daucun de mes homes fesait force, tort ou outraige aux uilles ne aux bans de l'englise, let justice dou leu ou li méfait serait fait le doit faire adefaire aux droits, aux us et aux costumes dou leu et les puet retenir jusqu'à droit, tant qu'il ait défait le mefiait qui fait i stroit. Ne n'en ferait ne n'en deuroit être let dite justice oquisence lie repiinse de moy ou de my hoirs après moy ne de nostre comincndement et des homes de lenglise de Moenmostier autres lels en mes ban et en mes leus et ou bans et leus de my hoirs. »

Ancienne tour des fortifications de Raon
Plan de masse (1766)
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